Hanna rebrousse chemin et s'arrête au pied des escaliers d'une gare. Son air indécis et son allure de proie facile décident 3 jeunes à l'aborder, d'abord sur un ton amical :
«
- Hello ! Américaine? Suédoise? Allemande ? »
Hanna fit une grimace: pour un plan reloue ce n'était pas le moment...
« - Française, ça se voit non ?
- Houlà ... ! Faut pas prendre la mouche, la gazelle ! Il fait beau, t'a pas l'air pressée, on fait connaissance c'est normal.
- C'est quoi ton prénom ? Insiste le plus jeune du trio.
- Hanna...
- Hé bé, tu vois, c'est pas si difficile ! Moi c'est Anthony, et les deux là, c'est Aziz et Louis. Tu allais où ?
- Heu...je ne sais pas. Je dois aller dans le 7.8 .
- Et t'as pas de tune pour le train, c'est ça ? » Hanna acquiesce d'un silence gêné.
« - T'es en galère alors ? Intervient Louis.
- On peut t'aider. Tu sais quoi ? On va allez chez moi et on discute tranquille : on va trouver un plan... Il y a toujours solution aux problèmes, pas vrai, les mecs? Surenchérit Aziz. » Les deux autres hochent la tête tout en échangeant des regards qui en disent long sur le plan à venir... Hanna esquisse un pas vers la sortie...
« - Merci, c'est très gentil, mais c'est bon, je vais me débrouiller. » Anthony et Louis se rapprochent, lui barrant le passage.
« - Attends ! Ca ne se fait pas de refuser de l'aide... On n'est pas assez bien pour toi ? Tu kiffes que les ambls (blancs), c'est ça ? On peut te le faire oublier... Pour ça, tu ne seras pas déçue ! » A cette allusion, les trois débiles commencent à se gondoler... et relâchent leur attention. Hanna en profite pour les bousculer et pour déguerpir aussi vite que ses jambes le lui permettent, les trois lascars à ses trousses. Elle s'engouffre dans une rue, puis dans une autre, au hasard...
Après une course qui lui parait durer une éternité, Hanna s'arrête, à bout de souffle, mais soulagée d'avoir semé ses poursuivants.
C'est alors qu'elle réalise qu'elle vient de déboucher dans sa rue et qu'elle risque d'y croiser son père, toujours à sa recherche... Elle est revenue dans la gueule du loup. Elle se fait alors aborder par un garçon qui parle allemand, avec des dreadlocks, un piercing sur le coin de la lèvre, un style plutôt hip-hop et un visage fin mais pas dans le même style que les voyous de la gare. Dailleurs, même si elle a d'autres chats à fouetter, Hanna trouve que le garçon dégage un charme et une douceur instantanée et qu'il est pour tout dire, assez craquant...
« - Je savais que c'était mon jour de chance ! dit-il. Je dois aller au concert de Samy Deluxe avec mon meilleur ami mais il me laisse tomber... dit-il (en allemand)
- elle lui répond en allemand : Es tut mir leid, ich spreche nicht deutsch. (traduction : désoler je ne comprend pas l'allemand) lui répond t-elle
- Maybe you understand english ? (traduction: peut-être que tu comprend l'anglais ?) lui demanda t'il alors.
- Of course, but can you repeat your first sentence ? (traduction: bien sur mais pourrais tu répéter ta première phrase ?) »Il répète sa phrase (en anglais) et Hanna fronce les sourcils,
" dans l'histoire il parle anglais mais pour le blog j'écris en français "
« - Il te laisse tomber et c'est ton jour de chance ?
- C'est là que tu rentres en scène. Et que tu viens à sa place !
- C'est ça, ton plan drague? Félicitations, j'ai failli marcher. Maintenant tu m'oublies.
- Mais non ! Proteste t-il avec sincérité. J'ai vraiment deux places pour le concert. » Il brandit deux billets sous ses yeux.
« - Regarde, c'est des vraies, et je te jure que mon pote ne peut pas venir ! Si tu ne me crois pas, pas de problème, mais une invitation pour Samy Deluxe, concert unique de l'été, ça ne se refuse pas ! » Hanna pèse le pour et le contre, quand elle aperçoit son père à l'autre bout de la rue. Elle saisit aussitôt le bras du garçon et l'entraîne avec elle dans une direction opposée.
« - T'as raison, ça ne se refuse pas ! » Le garçon parait à la foi ravi et incrédule.
« - Mais c'est pas par là. Et on va être en avance !
- C'est pas grave. Si on arrive en avance on est sûrs d'être bien placés, alors on trace !
- A donf !
- Au fait, c'est quoi ton nom ?
- Ah, non ! Honneur aux dames !
- Très bien ! Comme vous voudrez. Hanna et vous ?
- Tom. » Sous ses quelques mots Tom se dit intérieurement qu'en effet, c'est bel et bien son jour de chance.
Le lendemain, après avoir passé une nuit blanche rongé d'inquiétude, Vincent connaît l'une des plus pires matinées de sa vie. Non seulement il n'a pas de nouvelles d'Hanna mais personne autour de lui ne prend son angoisse au sérieux. Les Parisiens à qui il s'est adressé ont rivalisé d'esprit pour minimiser l'affaire : « Elle est partie s'amuser » ; « Elle ne doit pas être bien loin » ; « Elle veux juste vous faire la leçon » etc... Ils ont eu cette prédiction définitive : « A cet âge, ils reviennent au bout de 2 jours, quand ils n'ont plus de carburant ! ». De la philosophie parisienne faut-il croire mais qui ne lui ramène pas sa fille ».